Heinrich et MaKsim sont accoudés au comptoir d'une auberge. Passablement éméchés.
Le patron, Gherard, fait semblant de les écouter en nettoyant ses gobelets, pendant que Ginger, la serveuse, passe un coup de balai en poussant quelques petites exclamations de temps à autre à leur récit. Par politesse.
- Et là, ben on a dû rereretourner, encore une putain de fois, à Altdorf ! J'vous jure mon capitaine !
- Tiens, au fait, tabergiste, tu nous en remets une autre...
- Bon, on est dans nos beaux habits, du coup on va rendre visite au Chancelier, vite-fait, on y fait un rapport, tout ça, tout ça. Puis après on file chez Godfroy Gomme. Que même que c'est Bruyère qui nous avait dit d'y aller.
- Hé patron, tu nous sers la petite sœur ?
- On en chie pour trouver mais on y arrive et là vla-t-y pas qu'il nous chante une chanson pourrie ! De Bretonnie qu'il était aller la chercher sa bouse, avec de la Dame du Lac et tout ça.
- Tiens, ça me fait penser, t'as de l'hydromel ?
- Que Gwendoline elle a chassé le change-peau, que les fées, ou les elfes c'était pas claire, qu'ils vivent en Lorraine. J'ai pas pigé un radis. Du coup, surement l'émotion, mais Bruyère il dit qu'il veut bien se scacrfieeer, se scarifier, se scrascrifier rha putain, il dit qu'il veut bien faire hôte au démon.
- Ho, démon, ça rime avec pruneau : remets nous un peu de ton alcool de prune pour le coup !
- Ensuite, bon, faut pas exagérer, on va à la taverne. Nan, pas la tienne Gherardin, mais on y retrouve l'autre à la tronche dégueulasse. Hein ? Mais Siegfried par les couilles du bourgmestre ! T'y crois, ty crois pas, mais il nous fait piétiner jusqu'à son école de dégénérés. Blablabla, que Gwendoline elle était à l'école elle aussi, que même que son maître c'était Teklis machin truc j'me la pète ! Pfiou, qu'il faut qu'on se dépêche de tracer là-bas mais qu'on arrivera quand même trop tard. Putain, mais pourquoi qu'il faudrait qu'on court, si c'est déjà trop tard !
- Bon sang, j'ai soif rien qu'd'y repenser, sers donc un coup.
- Aller hop, le sergent il a dit qu'on y va, hop on prend le bateau, hop on prend le cheval, hop on court ! Hein, mais non y a pas de sergent putain, suis un peu, c'est juste qu'il faut qu'on se grouille les miches si on veut arriver à temps chez la Gwendoline ! Y a un bateau qui nous attend demain matin, on a pas intérêt à le rater sinon le petit teigneux il va encore nous faire chier tout le trajet...